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samedi 4 février 2017

Pieger les fondatrices du frelon asiatique à la fin de l'hiver

Aux premières chaleurs du printemps, les reines fécondées, seules rescapées de la colonie de la saison précédente sortent de leur hibernation.

Elles préparent alors une ébauche de nid d'où sera issue une première génération d'ouvrières, chargées elles d’agrandir l'édifice pendant qu'elles œuvreront pour assurer leur descendance.


C'est pendant une période qui se situe de fin février à début mai, qu’esseulées, ces reines fondatrices parcourent la campagne afin de subvenir aux besoins de leur progéniture, et sont donc susceptibles d'être piégées.

Professionnels, pouvoirs publics et simples citoyens proposent des techniques pour lutter contre le redoutable insecte tueur d’abeilles. Mais sont-elles vraiment efficaces ?
Avant l’arrivée des beaux jours, apiculteurs, jardiniers du dimanche et pouvoirs publics préparent leurs armes contre le frelon asiatique.

Capturer les femelles fondatrices évite la propagation des nids, limite l'hécatombe d'abeilles au rucher et de pollinisateurs dans les jardins.

Les fondatrices ne vont pas chercher loin, et dès février elles s’approchent des floraisons du Camélia, et de toute autre espèce à floraison précoce. Installez les pièges plutôt exposés au soleil.

L'autre détail important est la période de piégeage : du 15 février au 1er mai ! 

En effet, après le 1er mai, les frelons asiatiques que vous attraperez seront sûrement des ouvrières. Après cette période, mieux vaut chercher le nid, car les femelles fondatrices y restent pour pondre, c'est leur seule occupation !

Il existe de nombreux pièges de différents formats, mais c’est surtout l’attractif qui fera la différence, et permettre notamment de limiter le piégeage d’abeilles ou d’autres espèces qu’il faut en revanche sauvegarder. On trouve aujourd'hui de nombreuses formules prêtes à l'emploi et très efficaces, vendues sous forme de sticks, de flacons ou encore de poudre.

Un cocktail un peu spécial fait ses preuves : un verre de bière, un verre de vin blanc (pour repousser les abeilles) et un peu de sirop ou de sucre en poudre.

Une technique insolite : l’élevage de grenouilles.

Bière brune, sang de canard, sirop, confiture, vinaigre de vin… Sur SudOuest.fr, les internautes ont redoublé d’ingéniosité pour détruire le nuisible. Patrick, l’un d’entre eux, misant sur l’élevage de grenouilles : « une des deux grenouilles de mon bassin a brutalement avalé un "beau" frelon venu se désaltérer sur une feuille de nénuphar. Ma surprise fut totale quand je me suis aperçu que la grenouille se portait comme un charme ».

Pendant le reste de l'année, pour les apiculteurs, des méthodes existent pour limiter l'accès du frelon asiatique à l'intérieur de la ruche. Des entrées de ruches anti-frelon qui ne laissent passer que les abeilles, ou encore des planchers spécifiques comme Apishield, qui évite par ailleurs la propagation des maladies et demande peu d'entretien et aucun produit chimique.

mercredi 18 mai 2016

Ces robots qui voudraient remplacer les abeilles

Face au syndrome d'effondrement des colonies, attribué notamment aux maladies, parasites et pesticides, et pour enrayer le déclin de ces insectes pollinisateurs, des chercheurs américains se sont lancés dans la fabrication de RoboBees.
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Photo Kevin Ma et Pakpong Chirarattananon
Ces "insectes" artificiels mis au point par des ingénieurs de Harvard, aidés par des biologistes de la Northeastern University de Boston, sont capables de faire fructifier les cultures grâce à un appendice pollinisateur. Mis sur orbite en 2009, le projet RoboBee est déjà parvenu à faire voler des robots de 80 mg, très semblables aux abeilles, d'une envergure de trois centimètres. Leurs ailes, capables de battre 120 fois par seconde, sont animées par un muscle créé à partir de matériaux piézoélectriques, qui se déforment sous l'action d'une tension électrique. Seule ombre à l'horizon pour les RoboBees : leur alimentation. Les chercheurs réfléchissent actuellement à des piles miniatures à combustible à oxyde solide, qui fonctionnent à partir d'hydrocarbures et qui permettent un bon rendement électrique.

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Photo Kevin Ma et Pakpong Chirarattananon
L'autre défi de la RoboBee est son système de navigation. Les robots doivent non seulement reproduire le comportement d'insectes pris séparément, mais aussi le comportement qui émerge de milliers d'abeilles en interaction. L'astuce développée pour le moment s'oriente autour de la «ruche». Les milliers de RoboBees déployés pourraient déposer leurs informations dans une mémoire informatique. Deux programmes seraient alors en charge de les analyser: le langage Karma indiquera individuellement à chaque robot la nouvelle zone à polliniser et le modèle OptRad traitera, quant à lui, l'essaim d'abeilles afin d'apporter une réponse collective aux RoboBees.

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Photo Kevin Ma et Pakpong Chirarattananon
Le projet, porté par la robotique, est dans le viseur de Greenpeace depuis son lancement en 2009. Selon un rapport publié par l'ONG, «plus de deux tiers des pollens prélevés dans les champs et ramenés à la ruche par les abeilles ouvrières seraient contaminés». Greenpeace explique ainsi dans une vidéo que «le déclin des abeilles ne relève pas de la science-fiction, c'est une réalité». La vidéo met en scène des abeilles-robots qui fonctionneraient à l'énergie solaire. Une invention qui, selon Greenpeace, pose des questions éthiques et remet en cause le rapport entre l'homme et la nature.

La pollinisation n’est pas la seule application escomptée des RoboBees. Elles pourraient aussi permettre de repérer et identifier des victimes lors de catastrophes naturelles. Des applications militaires sont par ailleurs possibles. Rien de tel qu’un faux insecte pour reconnaitre, surveiller et repérer des personnes recherchées. Car les RoboBees pourraient ressembler à de véritables drones microscopiques, avec des caméras à la place des yeux...

Évidemment, tout cela ne dit pas comment sauver les vraies abeilles, qui sont les seules à maîtriser la pollinisation pour le moment. 

Sources : seas.harvard.edu, lefigaro.fr, smithsonianmag.com