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mercredi 1 mars 2017

Au Mozambique, chasseurs et oiseaux se parlent pour trouver du miel.

Bel exemple de coopération entre l'homme et l'animal. Des chercheurs ont mis en évidence un exemple rare de mutualisme entre humains et animaux sauvages.

Le "Grand Indicateur" est un oiseau brun qui raffole de la cire d'abeille. Son souci ? Il aurait besoin que quelqu'un éloigne les insectes pour lui !


Les hommes, eux, cherchent du miel, mais ont du mal à repérer les essaims sauvages.

Ils ont donc fait "alliance". les chasseurs du peuple Yao ont en effet appris à répondre au chant du "Grand Indicateur" ! Il émet un bourdonnement suivi d'un bruit sourd. Quand ils l'entendent, les hommes ont 66% de chances de se faire guider, et quand ils sont guidés, ils ont alors 54% de chances de trouver une ruche sauvage, contre 17% sans les iseaux.
"On pense qu'il y a chez cet animal une part d'inné dans le fait de guider les chasseurs, et qu'il améliore ensuite ce comportement en apprenant le signal spécifique des hommes" note l'écologue Claire Spottiswoode. Car cela ne vient pas de leurs parents, qui comme les coucous, laissent leurs œufs dans le nid des autres oiseaux.

Source : Sciences & Avenir

samedi 4 février 2017

Pieger les fondatrices du frelon asiatique à la fin de l'hiver

Aux premières chaleurs du printemps, les reines fécondées, seules rescapées de la colonie de la saison précédente sortent de leur hibernation.

Elles préparent alors une ébauche de nid d'où sera issue une première génération d'ouvrières, chargées elles d’agrandir l'édifice pendant qu'elles œuvreront pour assurer leur descendance.


C'est pendant une période qui se situe de fin février à début mai, qu’esseulées, ces reines fondatrices parcourent la campagne afin de subvenir aux besoins de leur progéniture, et sont donc susceptibles d'être piégées.

Professionnels, pouvoirs publics et simples citoyens proposent des techniques pour lutter contre le redoutable insecte tueur d’abeilles. Mais sont-elles vraiment efficaces ?
Avant l’arrivée des beaux jours, apiculteurs, jardiniers du dimanche et pouvoirs publics préparent leurs armes contre le frelon asiatique.

Capturer les femelles fondatrices évite la propagation des nids, limite l'hécatombe d'abeilles au rucher et de pollinisateurs dans les jardins.

Les fondatrices ne vont pas chercher loin, et dès février elles s’approchent des floraisons du Camélia, et de toute autre espèce à floraison précoce. Installez les pièges plutôt exposés au soleil.

L'autre détail important est la période de piégeage : du 15 février au 1er mai ! 

En effet, après le 1er mai, les frelons asiatiques que vous attraperez seront sûrement des ouvrières. Après cette période, mieux vaut chercher le nid, car les femelles fondatrices y restent pour pondre, c'est leur seule occupation !

Il existe de nombreux pièges de différents formats, mais c’est surtout l’attractif qui fera la différence, et permettre notamment de limiter le piégeage d’abeilles ou d’autres espèces qu’il faut en revanche sauvegarder. On trouve aujourd'hui de nombreuses formules prêtes à l'emploi et très efficaces, vendues sous forme de sticks, de flacons ou encore de poudre.

Un cocktail un peu spécial fait ses preuves : un verre de bière, un verre de vin blanc (pour repousser les abeilles) et un peu de sirop ou de sucre en poudre.

Une technique insolite : l’élevage de grenouilles.

Bière brune, sang de canard, sirop, confiture, vinaigre de vin… Sur SudOuest.fr, les internautes ont redoublé d’ingéniosité pour détruire le nuisible. Patrick, l’un d’entre eux, misant sur l’élevage de grenouilles : « une des deux grenouilles de mon bassin a brutalement avalé un "beau" frelon venu se désaltérer sur une feuille de nénuphar. Ma surprise fut totale quand je me suis aperçu que la grenouille se portait comme un charme ».

Pendant le reste de l'année, pour les apiculteurs, des méthodes existent pour limiter l'accès du frelon asiatique à l'intérieur de la ruche. Des entrées de ruches anti-frelon qui ne laissent passer que les abeilles, ou encore des planchers spécifiques comme Apishield, qui évite par ailleurs la propagation des maladies et demande peu d'entretien et aucun produit chimique.

mardi 25 octobre 2016

Certaines abeilles sont capables de se reproduire toutes seules...

Les abeilles du Cap sont très singulières : les ouvrières sont capables de pondre des œufs. Et pas de n'importe quelle manière : sans intervention d'un mâle...

Dans ce cas d'une reproduction classique chez les abeilles, seule la reine est fertile. Les œufs fécondés par les mâles donneront des femelles, quant aux œufs non fécondés, ils donneront des mâles.

C'est le cas chez l'espèce Apis mellifera. Alors qu'une sous-espèce de A.mellifera, dénommée A. m. capensis ou abeille du Cap, a développé une capacité particulière : les ouvrières sont fertiles, ce qui est unique. Mais ce n'est pas tout. Elles ont la capacité d'avoir une progéniture sans la participation d'un mâle !

Cette reproduction asexuée, appelée parthogénèse thélytoque, se définie par le développement de l'ovocyte (ovule) sans aucune fécondation extérieure. Ce processus est assimilé à une division cellulaire (la méiose) qui se déroule de manière anormale : les femelles A. m. capensis pondent des œufs qui vont être fécondés par des noyaux contenant leur propre ADN. Ce procédé ne donne naissance qu'à des femelles ouvrières.

Des chercheurs de l'Université d'Uppsala, en Suède, on tenté de comprendre au mieux ce phénomène surprenant. Dans une étude parue dans PLOS Genetics, l'équipe de scientifiques estime que tout s'explique au niveau génétique. Ils ont découvert cela en séquençant le génome des abeilles du Cap et en le comparant à celui d'autres espèces dont la reproduction est classique. Plusieurs gènes possèdent des différences frappantes. Ceux-ci sont impliqués dans la production de divers substances organiques telles que les ecdystéroïdes, les hormones juvéniles et la dopamine qui vont avoir un rôle majeur dans l'activation des ovaires et donc de la méiose.

Selon les chercheurs, ces modifications de l'ADN peuvent aussi être responsables d'un comportement particulier nommé parasitisme social : les abeilles pondent des œufs à l'intérieur d'une autre colonie pour en exploiter les ressources.
Malgré toutes ces découvertes, une question reste sans réponse : pourquoi ces abeilles ont-elles développé une reproduction asexuée ? Le mystère reste entier.

Source Sciences et Avenir 2016

Le sucre facteur d'optimisme...et de bonheur chez les abeilles


Les abeilles seraient capables de ressentir du bonheur et de faire preuve d'optimisme, selon une étude révélée dans Science en 2016. Afin de démontrer cela, des chercheurs ont effectué des tests sur 24 abeilles et les ont placées dans une chambre fermée. À l'intérieur, quatre tubes sont disposés, l'un à côté de l'autre. Les abeilles sont préalablement conditionnées pour entrer dans le seul tube coloré, contenant soit de l'eau (tube vert), soit de l'eau sucrée (tube bleu). Au début de l'expérience, la moitié des abeilles reçoit de l'eau sucrée et l'autre moitié ne reçoit rien. 

Le sucre, facteur d'optimisme

Les résultats ont montré que les abeilles ayant reçu du sucre au début de l'expérience entrent plus rapidement dans le tube coloré à la recherche de nourriture. Cela montrerait qu'elles sont plus optimistes vis-à-vis de ce qu'elles pourraient trouver au bout du tube, que celles n'ayant pas reçu de récompense. Le sucre agirait donc non seulement sur l'activité et l'excitation des abeilles, mais également influencerait leur propension à faire des choix et à réagir face à certaines situations.

Une autre expérience, menée par le Dr. Clint Perry et son équipe à l'Université du Queen Mary à Londres a confirmé ces résultats. Il a simulé l'attaque d'une araignée-crabe sur 35 abeilles dont la moitié avait reçu une solution sucrée et l'autre non. Ils se sont aperçu que les abeilles ayant bénéficié d'une récompense retournaient se nourrir quatre fois plus rapidement après l'attaque que celles qui n'avaient rien obtenu préalablement. Le sucre aurait donc généré un sentiment positif chez ces abeilles, diminuant ainsi leur pessimisme face à de futurs événements. 

De réelles émotions ?

Afin de découvrir ce qui générait réellement cet état, les scientifiques ont injecté un inhibiteur neurochimique de la dopamine, molécule responsable du plaisir, chez ces abeilles. Tout effet positif observé chez celles-ci a alors disparu, montrant que la dopamine serait, d'une part, à l'origine de ce phénomène, et d'autre part, bien présente chez ces insectes, tout comme chez les humains ou chez d'autres mammifères. Mais comment être sûr que les abeilles ressentent réellement du bonheur et que ces résultats ne sont pas seulement des indicateurs de modifications physiologiques et comportementales ? Les scientifiques s'interrogent encore. Ce qui est certain, c'est que si émotion il y a, il serait très intéressant d'étudier l'histoire évolutive des sentiments chez les animaux et de faire le parallèle avec notre propre évolution.

Source Sciences & Avenir - 2016

mercredi 18 mai 2016

Ces robots qui voudraient remplacer les abeilles

Face au syndrome d'effondrement des colonies, attribué notamment aux maladies, parasites et pesticides, et pour enrayer le déclin de ces insectes pollinisateurs, des chercheurs américains se sont lancés dans la fabrication de RoboBees.
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Photo Kevin Ma et Pakpong Chirarattananon
Ces "insectes" artificiels mis au point par des ingénieurs de Harvard, aidés par des biologistes de la Northeastern University de Boston, sont capables de faire fructifier les cultures grâce à un appendice pollinisateur. Mis sur orbite en 2009, le projet RoboBee est déjà parvenu à faire voler des robots de 80 mg, très semblables aux abeilles, d'une envergure de trois centimètres. Leurs ailes, capables de battre 120 fois par seconde, sont animées par un muscle créé à partir de matériaux piézoélectriques, qui se déforment sous l'action d'une tension électrique. Seule ombre à l'horizon pour les RoboBees : leur alimentation. Les chercheurs réfléchissent actuellement à des piles miniatures à combustible à oxyde solide, qui fonctionnent à partir d'hydrocarbures et qui permettent un bon rendement électrique.

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Photo Kevin Ma et Pakpong Chirarattananon
L'autre défi de la RoboBee est son système de navigation. Les robots doivent non seulement reproduire le comportement d'insectes pris séparément, mais aussi le comportement qui émerge de milliers d'abeilles en interaction. L'astuce développée pour le moment s'oriente autour de la «ruche». Les milliers de RoboBees déployés pourraient déposer leurs informations dans une mémoire informatique. Deux programmes seraient alors en charge de les analyser: le langage Karma indiquera individuellement à chaque robot la nouvelle zone à polliniser et le modèle OptRad traitera, quant à lui, l'essaim d'abeilles afin d'apporter une réponse collective aux RoboBees.

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Photo Kevin Ma et Pakpong Chirarattananon
Le projet, porté par la robotique, est dans le viseur de Greenpeace depuis son lancement en 2009. Selon un rapport publié par l'ONG, «plus de deux tiers des pollens prélevés dans les champs et ramenés à la ruche par les abeilles ouvrières seraient contaminés». Greenpeace explique ainsi dans une vidéo que «le déclin des abeilles ne relève pas de la science-fiction, c'est une réalité». La vidéo met en scène des abeilles-robots qui fonctionneraient à l'énergie solaire. Une invention qui, selon Greenpeace, pose des questions éthiques et remet en cause le rapport entre l'homme et la nature.

La pollinisation n’est pas la seule application escomptée des RoboBees. Elles pourraient aussi permettre de repérer et identifier des victimes lors de catastrophes naturelles. Des applications militaires sont par ailleurs possibles. Rien de tel qu’un faux insecte pour reconnaitre, surveiller et repérer des personnes recherchées. Car les RoboBees pourraient ressembler à de véritables drones microscopiques, avec des caméras à la place des yeux...

Évidemment, tout cela ne dit pas comment sauver les vraies abeilles, qui sont les seules à maîtriser la pollinisation pour le moment. 

Sources : seas.harvard.edu, lefigaro.fr, smithsonianmag.com

jeudi 28 avril 2016

Conservatoire de l'Abeille Noire En Combrailles



A l’initiative des chercheurs du CNRS, le programme communautaire  BEEHOPE concerne la préservation de la lignée M (Apis mellifera mellifera) de l’abeille domestique, dans 6 centres de l’ouest européen.

http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/65/Abeille-bee-profil.JPG
Apis mellifera mellifera


Considérant l’expérience accumulée par le lycée Agricole des Combrailles en termes de connaissances  et de préservation des populations d’abeilles, PONTAUMUR est devenu le partenaire privilégié pour conduire, sur 3 ans, ce programme qui se décline en 4 axes de travail :


  • Connaissance de la génétique des populations et des niveaux  d’introgression
  • Étude de l’évolution des colonies dans leur environnement naturel
  •     Suivi sanitaire des colonies dans l’espace et dans le temps en fonction de la dynamique des populations de pathogènes
  • Sensibilisation à l’incidence socio-économique dans une démarche d’apiculture durable
Les 900 Km2 du secteur concerné, en Combrailles, couvrent 40 communes et sont répartis en 3 zones bien distinctes :


- La zone sanctuaire d’un rayon de 3kms autour de Pontaumur constitue le véritable centre de préservation de la diversité génétique

- Une zone tampon de 7kms supplémentaires assure la protection de la première zone

- Une zone d’étude d’impact de 7kms supplémentaires complète le dispositif


Les apiculteurs du secteur, les élus, des associations et des entreprises se sont regroupés récemment pour constituer le Conservatoire de l’Abeille Noire En Combrailles (CANEC).

 
 
Les travaux de cette association sont orientés par un conseil scientifique et un comité de citoyens dont l’objectif principal est d’optimiser l’utilisation de cette masse de données scientifiques, enregistrées pour une plus grande dynamique de la région et de son activité apicole.